Même les personnes éloignées de la médecine connaissent bien les conséquences négatives du déplacement de l’atlas, la première vertèbre cervicale : migraines, maux de tête, vertiges, douleurs au cou, aux épaules, au dos et même troubles psychiques. Pourtant, en consultant un chiropracteur, beaucoup constatent que le repositionnement manuel de l’atlas n’apporte parfois qu’un soulagement temporaire, voire une dégradation importante de leur état. Nous allons essayer de comprendre pourquoi dans cet article.

Déplacement de l’atlas et occlusion dentaire

Les scientifiques ont depuis longtemps prouvé expérimentalement que le repositionnement manuel de la première vertèbre cervicale a souvent un effet positif sur la position de la mâchoire, et que le patient guéri présente une position corporelle plus symétrique. Cependant, dans la plupart des cas, la posture n’est que partiellement corrigée après le repositionnement de l’atlas. Les chercheurs ont prouvé cliniquement que, dans ce cas, la malocclusion du patient et les déplacements existants de sa mâchoire empêchent le repositionnement correct de la première vertèbre cervicale. Dans ces situations, il n’est donc pas possible de résoudre les problèmes de l’atlas : il faut d’abord modifier la position de la mâchoire et, en particulier, l’occlusion dentaire, qui est responsable du déplacement de la première vertèbre cervicale.

Comment déterminer le désalignement de la mâchoire

Il est très facile de déterminer à quel point la mâchoire est déplacée. Il suffit de photographier votre visage au repos, bouche fermée et dents en contact, puis d’examiner la photo. Comme vous pouvez le voir sur la photographie ci-dessus, les lignes correspondantes indiquent la position de la mâchoire inférieure par rapport au crâne. Si la mâchoire se trouve dans une position idéale par rapport au crâne, les lignes des yeux et des lèvres (L et R sur la photo) sont parallèles, et le centre du menton se situe exactement sur la ligne médiane du visage. Tout écart par rapport à ce schéma idéal signifie que la personne présente un désalignement de la mâchoire dû à une mauvaise occlusion dentaire. Dans ce cas, la position correcte de l’atlas ne peut être obtenue qu’en modifiant l’occlusion. Les autres types de traitements, comme une action sur les muscles de la mâchoire, ne produiront qu’un effet temporaire, et entraîneront parfois un déplacement des articulations temporo-mandibulaires et de l’atlas !

Comment le désalignement de la mâchoire agit sur les muscles du cou et l’atlas

La mâchoire inférieure est reliée à l’arrière du crâne, aux vertèbres cervicales et aux clavicules par un système complexe de muscles et par l’os hyoïde (Hyoideum), qui est littéralement « suspendu » « tout seul », puisqu’il est le seul os du corps à ne pas être relié aux autres os du squelette (c’est pourquoi on ne le voit pas sur les modèles en volume). Par l’intermédiaire des muscles, l’os hyoïde est relié à la mâchoire, et le déplacement de celle-ci entraîne inévitablement le déplacement de l’os hyoïde. Celui-ci agit alors sur les chaînes musculaires situées en dessous de lui et reliées aux clavicules et à la colonne cervicale, ce qui y fait apparaître des tensions d’intensité variable.

Par ce mécanisme, l’os hyoïde régule la position statique du corps, comme un marionnettiste qui commande ses marionnettes à l’aide de fils. Les spasmes de ces muscles du cou, en particulier des scalènes, entraînent la compression des nerfs et des artères situés en dessous. Dans ce cas, la modification inévitable de la longueur des muscles des deux côtés provoque une scoliose cervicale. De plus, l’allongement des muscles de l’avant du cou entraîne le raccourcissement de leurs antagonistes à l’arrière et, directement, des muscles qui relient le crâne à la première vertèbre cervicale, l’atlas, provoquant ainsi son déplacement.

Ainsi, comme nous le voyons, l’occlusion dentaire détermine la position de la mâchoire, qui détermine celle de l’os hyoïde. Celui-ci régule à son tour la position du corps par l’intermédiaire des muscles du cou, qui exercent aussi un effet direct sur l’atlas, la première vertèbre cervicale. Par conséquent, les moindres changements de l’occlusion — mauvaise position des dents dès la naissance, extraction, pose d’obturations trop hautes ou trop basses, travail orthodontique ou prothétique de mauvaise qualité — entraînent un déplacement de l’atlas qui, pour cette raison précise, ne peut être corrigé manuellement. Avant de réaliser cette manipulation, il est donc extrêmement important d’étudier l’occlusion dentaire du patient et de l’adresser à un craniodontiste compétent, qui aidera non seulement à corriger la malocclusion, mais aussi à éliminer les déformations des structures du crâne. Sans cette condition, le risque est important d’aggraver la situation déjà difficile du patient tout en lui faisant dépenser son argent inutilement.