Il s’agit d’un entretien d’archives. Il consigne les opinions professionnelles personnelles du Dr Giuseppe Stefanelli et la manière dont la personne qui l’interrogeait présentait le sujet à l’époque. Ce n’est ni un conseil médical, ni une recommandation de traitement, ni une approbation de toutes les affirmations abordées. Les décisions individuelles en matière de santé et de soins dentaires nécessitent une évaluation qualifiée fondée sur des données probantes.

La personne qui mène l’entretien présente Giuseppe Stefanelli comme un praticien italien complexe et profondément humain, dont le travail associait un intérêt pour l’orthodontie à la posture, à l’ostéopathie, à la chiropraxie, à l’acupuncture, à l’homéopathie et aux idées de la médecine fonctionnelle. Cette ambition interdisciplinaire et les désaccords qu’elle a suscités sont au cœur de la conversation.

« Danse avec les loups »

Des années auparavant, un collègue aurait dit à Stefanelli qu’il devrait consacrer davantage de temps à faire connaître son travail, à écrire des livres et à enseigner, sous peine de rester quelqu’un qui « danse avec les loups » en solitaire. Il accepte cette image. Dans l’entretien, il se décrit comme l’un des premiers défenseurs d’une approche considérant la bouche et l’occlusion en lien avec l’ensemble du corps, une position autrefois jugée excentrique par ses collègues, selon lui.

Portrait tiré de l’entretien d’archives avec Stefanelli

Il se présente comme un chirurgien, un praticien de l’orthodontie et un gnathologue intéressé par les corrélations entre occlusion et posture. À ses yeux, les anciens modèles universitaires de l’orthodontie peuvent être trop étroits. C’est sa position professionnelle, et non une conclusion établie de ces archives.

De la médecine à la dentisterie

Stefanelli dit avoir d’abord voulu faire de la chirurgie thoracique. Ses responsabilités familiales l’ont orienté vers la dentisterie, qui lui permettait de gagner sa vie plus rapidement. Il se souvient qu’il n’y avait aucune tradition médicale dans sa famille et qu’il finançait sa formation par un travail pratique, tout en conservant un amour durable de la musique.

Il décrit sa rencontre avec Harold Gelb dans les années 1980 comme un tournant. L’utilisation par Gelb de la kinésiologie appliquée avec des gouttières gnathologiques l’a d’abord rendu sceptique ; peu après, pourtant, Stefanelli s’est inscrit dans une académie italienne de kinésiologie appliquée et a commencé une longue période d’étude de disciplines voisines.

Conflit institutionnel et amitiés professionnelles

Photographie d’archives professionnelles tirée de l’entretien avec Stefanelli

Il parle franchement des résistances institutionnelles, notamment de la fermeture d’une académie où il enseignait. Son récit est son interprétation de cette histoire. Il attribue aussi à des amitiés de longue date avec des praticiens de la chiropraxie et de l’ostéopathie l’élargissement de sa façon de considérer les patients.

Stefanelli se montre ouvertement critique envers les instances orthodontiques plus conventionnelles. Il estime que les objectifs esthétiques peuvent recevoir trop d’attention lorsque les questions fonctionnelles sont laissées de côté. L’entretien conserve ce désaccord sans en faire un motif de rejet des soins conventionnels ou des normes professionnelles.

ALF et pensée systémique

Stefanelli dit avoir appris les méthodes liées à ALF dans des formations professionnelles plutôt que directement auprès du concepteur original de l’appareil. Il décrit ce travail comme donnant la priorité aux schémas crâniens avant de déplacer les dents. Dans l’entretien, il présente cette idée comme un élément de sa propre philosophie clinique.

Il explique également pourquoi son enseignement peut paraître exigeant aux dentistes formés uniquement dans un cadre orthodontique classique. Selon lui, un praticien qui veut envisager l’occlusion dans un contexte plus large doit continuer à étudier l’anatomie, les systèmes musculaires, la neurologie et les limites de sa propre expertise.

Document pédagogique tiré de l’entretien d’archives

Patients complexes et limites

L’entretien interroge Stefanelli sur des problèmes temporo-mandibulaires complexes, la posture, les résultats d’imagerie et des parcours de traitement difficiles. Il souligne que le pronostic peut être incertain et que les patients peuvent se sentir dépassés après plusieurs interventions infructueuses. Il dit que l’empathie compte, tout en précisant qu’un clinicien ne doit pas la confondre avec la promesse d’un résultat particulier.

Certaines affirmations de l’entretien original vont plus loin, notamment l’idée que des interventions dentaires puissent résoudre de larges problèmes de santé ou éviter une opération. Ces affirmations ne sont pas reproduites ici comme des faits. Un appareil dentaire ne doit jamais être considéré comme un substitut à l’évaluation médicale de symptômes neurologiques, vasculaires, respiratoires ou systémiques.

La pratique comme relation humaine

L’atmosphère du cabinet dans l’entretien d’archives avec Stefanelli

L’un des fils les plus doux de la conversation concerne l’atmosphère du cabinet. Stefanelli dit que son équipe et lui ont essayé de créer un environnement chaleureux plutôt qu’impersonnel. Il apprécie la musique, les images de nature et l’humour comme autant de petits moyens de rendre un rendez-vous moins intimidant.

Il décrit une personne qui l’assiste depuis longtemps, un technicien de laboratoire de confiance, un fils qui a ensuite rejoint l’activité, et même les squelettes utilisés pour l’enseignement. Selon lui, l’humour noir autour de ces objets pédagogiques aidait à éviter qu’un sujet sérieux devienne insupportable.

Enseignement, livres et curiosité

Stefanelli parle des formations postuniversitaires qu’il enseigne et des livres qu’il écrit comme repères pratiques pour ses collègues. Il dit que l’objectif n’était pas de construire une doctrine fermée, mais de fournir aux autres praticiens des éléments à étudier, à interroger et à tester de manière responsable.

Son dernier conseil aux jeunes collègues est simple : continuer à étudier, rester curieux et demander pourquoi. Ne pas accepter une philosophie au seul motif qu’elle est à la mode, commercialement commode ou traditionnellement enseignée. Ces archives peuvent partager l’esprit de ce conseil tout en y ajoutant une condition essentielle : la curiosité doit s’accompagner de preuves, de transparence et du respect des limites de ses compétences.